Le cachet de la poste faisant foi

Le cachet postal, dont le nom très officiel est « timbre à date », est l’exercice qui vient habituellement conclure la création d’un timbre. Le grand public y prête peut-être encore moins attention qu’aux timbres eux-mêmes, mais sa création fait pourtant l’objet de tous les soins.

Pour son Premier Jour, le timbre a le droit à un coup de tampon spécial, celui-la même créé pour l’événement.

Aujourd’hui, honneur à quelques timbres à date réalisés ces dernières années. Mes préférés ? L’ambigramme Mâcon-Magie (le mot Magie se lit en retournant le cachet), le très classique Amsterdam et le tout récent Pèse-lettres et balances postales.

Je travaille ces temps-ci sur quelques illustrations qui réclament tout mon temps. Dès leur publication, je ferai un point précis sur tout cela.

VŒUX !

© Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique

Tout commence le dimanche 19 mai 1968, à l’issue d’une réunion interministérielle. Une journaliste interroge Georges Pompidou sur le perron de l’Élysée:
«Monsieur le Premier ministre, le président de la République s’adressera-t-il aujourd’hui à la nation?
— Je ne pense pas, n’est-ce pas, mais si je puis vous résumer l’opinion du président de la République, c’est ‹la réforme oui, la chienlit non.›» [ina.fr]

La chienlit

La chienlit désignait autrefois les excès et la débauche d’un cortège de Carnaval et, d’une façon générale, une mascarade obscène. Dans l’atelier de sérigraphie de «l’Atelier populaire de l’ex-école des Beaux-arts», peu importe si l’emploi de ce mot est incertain (c’est au masculin que chienlit [+] aurait pu qualifier un personnage grotesque). Peu importe également que ce mot soit de De Gaulle ou de Pompidou, sa désuétude illustre parfaitement le fossé qui sépare le pouvoir de la jeunesse militante. L’interview retransmise à la radio va inspirer le jour même une des affiches les plus magistrales de l’époque.

Dans l’atelier, l’anonymat des auteurs est une règle fondamentale. Aucune création n’est signée: les projets sont épinglés sur une corde à linge, et même si l’on peut reconnaitre le style de certains artistes ou étudiants, le choix des affiches à reproduire respecte l’anonymat.

1 et 2: Discours du 4 octobre 1958 (ina.fr) / 3: L’Atelier populaire de l’ex-école des Beaux-Arts (© M. Riboud)

C’est lui !

La puissance de cette affiche ne tient pas seulement à la caricature que l’on reconnait aujourd’hui. Il fallait couper le personnage à la taille pour que ce geste historique en V (associé au mot Victoire et à la Résistance, au discours du 4 octobre 1958 [+] et à la Ve république) ne soit soudainement réduit qu’aux bras raides d’un Guignol de jardin public.
À l’instar de beaucoup de créations de l’atelier [+], la violence des discours politiques se teinte d’une verve propre aux Beaux-arts.«C’est lui!» est d’abord une réponse spontanée et truculente à une insulte vieille France. Toi-même!… A des années lumière du tract militant traditionnel, c’est presque un mot d’enfant adressé à un homme de 78 ans. D’autre part, composé d’un unique aplat en sérigraphie, le visuel supportera tous les défauts d’impression, les changements de couleur ou de papier sans en souffrir. Cette œuvre, toujours aussi irrespectueuse et drôle, rivalise sans conteste avec les grands affichistes du XXe siècle [+].

Bonne année !

Tout en lui rendant hommage par un détournement de saison, mes vœux professionnels saluent la simplicité (apparente), l’humour et la force graphique de cette affiche qui, cinquante ans plus tard, sont intactes.

Enfin, puisque moi aussi je suis né en 1968, permettez-moi de souhaiter à chacun de vous toute la créativité, la fougue et la spontanéité essentielles à cette nouvelle année.

Merci à Jean Hil [+], l’auteur de l’affiche originale, de m’en avoir gentiment autorisé le détournement.


On Sunday 19 May 1968, after an inter-ministerial meeting, a journalist asked Georges Pompidou:
« Mr. Prime Minister, will the President of the Republic address the nation today?
— I don’t think so, actually, but if I may sum up the opinion of the President of the Republic : ‘reform yes, messiness no’. » (« La réforme oui, la chienlit non ») [ina.fr]
La chienlit…
In french, the word chienlit is very outdated. It once referred to the excesses and debauchery of a Carnival procession and, broadly speaking, to an obscene masquerade. In the « Atelier populaire de l’ex-école des Beaux-arts », it perfectly pointed out the huge gap between the government and the militant youth. No matter who said it (De Gaulle or Pompidou), this word inspired one of the most masterful 1968 french posters.
…C’est lui !
Of course we still easily recognize the caricature. But the strengh of this poster mainly lies in the choice to sever the character. Without legs, what’s  left of the historical sign in V (related to the word Victory, to Resistance, the speech of October 1958 [+] and the Fifth Republic) ? Nothing but the rigid arms of a puppet. The spirit of the École des Beaux-Arts defuse the violence of political discourse [+]. « It’s him! » is first and foremost a spontaneous and childish response to a 78-year-old man. This is a far cry from the traditional activist leaflet. Furthermore, the visual is strong enough to withstand all printing defects, color variations and papers changes.
Happy New Year!
While paying homage to this poster, my professional greetings salute its (apparent) simplicity, its humor and graphic strength. Fifty years later, this work rivals the great poster artists of the 20th century [+].

Finally, since I too was born in 1968, I wish you creativity, enthusiasm and spontaneity for 2018.

Thanks to Jean Hil [+], the author of the original poster, for kindly authorizing me to hijack it !

Le mercato des Champs-Élysées

(5 décembre 2017)

Dans les pages Économie de l’Express de ce début décembre, un point sur le chassé-croisé des enseignes sur les Champs-Élysées.
Comment rendre lisible toute la perspective, au point que même les immeubles les plus éloignés restent identifiables ? Parce qu’en « vrai », ça ne marche pas. L’illustration, finalement, c’est l’art de s’arranger avec la réalité…

En vingt ans… et en ligne.

(3 décembre 2017)

Pour ceux qui n’auraient pas pu se procurer un exemplaire de EN VINGT ANS, l’ensemble de l’ouvrage est désormais consultable en ligne.

Tous les textes et 99% des images sont là.
Bonne lecture !

A retrouver à la page EN VINGT ANS.

Les noëls chantés

(1er décembre 2017)

Dans le numéro de LIRE de décembre, Gérard Oberlé met à profit sa chronique pour nous faire découvrir les noëls chantés et La Grande Bible des noëls tant vieux que nouveaux, un recueil de cantiques et chansons du XVIIIe siècle.
« Au Moyen Âge, le bon peuple criait Noël en signe d’allégresse à n’importe quel moment de l’année, pour saluer un heureux événement, visite du roi, naissance princière, baptême, victoire… »
Ci-dessous, l’illustration réalisée fait écho au passage suivant : « (…) ces cantiques fonctionnaient sur un système musical parodique et se chantaient sur des airs populaires on ne peut plus séculiers. Expression spontanée de la joie, des peines, des revendications et des gaillardises plébéiennes… »

Réjouissons-nous !

LIRE, décembre 2018.

La faucille et la clef de douze

3 novembre 2017

Illustration de la chronique de Sylvain Tesson. LIRE, novembre 2017.
« La faucille et la clef de douze »


«La société digitale ignorait ce mot d’Anaxagore cité par Crawford : ‘c’est parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des animaux’.»

71e Salon Philatélique d’Automne

Je serai heureux de vous retrouver lors d'une séance de dédicace vendredi 10 novembre de 10h00 à 12h30 au stand de l'association "Art du Timbre Gravé".

71e Salon Philatélique d’Automne, du 9 au 12 novembre 2018
Espace Champerret - 6 Rue Jean Oestreicher, Paris XVIIe - Hall A

Cartographie illustrée

20 octobre 2017

« La péninsule italienne à l’époque d’Astérix »
Carte et illustration pour Les Cahiers de Science & Vie, novembre 2017

Rendez-vous à Rouen

7 septembre 2017

Une paire d’amis à moi, Hélène et Éric, organise chaque année, en septembre, un « Petit événement bucolique ». Ils invitent des artistes à tester leurs nouvelles créations en plein air. Comédiens, danseurs, clowns, musiciens ou marionnettistes peuvent expérimenter leurs dernières trouvailles en public. Cette année, j’ai eu la joie de créer l’affiche et le flyer de cet événement. Un travail en trompe-l’œil, grain du papier, effets de presse typographique et même quelques salissures… L’affiche est imprimée recto et verso, à l’identique hormis un « passage » rouge pour l’éléphant. Ce dernier est une adaptation très libre d’une gravure ancienne.

Rendez-vous à Rouen pour le dernier weekend de septembre!
http://lapetitedistribution.org/petit_evenement/programme.html

Petit Événement Bucolique

La rentrée littéraire

30 août 2017

Pour son dernier numéro d’août (et premier de septembre) 2017, L’Express ouvre un dossier sur les premiers romans de la rentrée littéraire.
Deux illustrations (et demie) en ouverture.

Une déesse et des cochons

19 août 2017

Pour la rentrée, Gérard Oberlé chronique une curiosité belge, un « Annulaire agathopédique et saucial », paru à Bruxelles en 1849. A quelques pages de là, Sylvain Tesson évoque « Beauté », de Philippe Sollers. En exergue de ce roman, une inscription dans le temple d’Aphaïa dédié à Athéna : « Immortelle est la beauté ».


 

« La société badine des Agathopèdes a été fondée à Bruxelles en 1846 par quelques littérateurs farceurs et gourmands qui ont imaginé de se retrouver périodiquement pour dire des sottises de haulte graisse et mourir de rire, avec pour devise : Amis comme cochons. »
Illustration de la chronique de Gérard Oberlé « Les Agathopèdes de Bruxelles », LIRE n°458 Septembre 2017

 

Le temple d’Aphaïa, illustration de la chronique de Sylvain Tesson « La beauté sauvera l’immonde », LIRE n°458 Septembre 2017

A pas de Louvre

15 août 2017

Hier, lundi 14 août, petite virée au Louvre, direction les salles de peinture française. La démesure du musée impose de faire un choix, car après Le faux-pas de Watteau ou La brioche de Chardin, les plus « petits maîtres » bénéficient moins de notre attention. Cependant, Louis-Léopold, Nicolas-André et Georges-Paul méritent bien que l’on ralentissent le pas, et pas seulement à cause de leurs prénoms.

Louis-Léopold Boilly est l’auteur d’une série de petits tableaux comme l’adorable portrait de Gabrielle Arnault enfant (qui donnerait envie de l’embrasser sur les deux joues), ou, juste à côté, de ces charmants « Amateurs d’estampes », étude pour Le Public au Salon du Louvre regardant le tableau du Sacre.

Louis-Léopold Boilly « Les amateurs d’estampes ». Vers 1810, huile sur toile. 32,5×24,5cm. Photo SHB.

Ailleurs, accroché suffisamment haut pour que l’on n’y prête pas trop attention, l’inénarrable « Lion de Florence » de Nicolas-André Monsiau. Un fait divers inspira l’artiste: un lion échappé dans les rues de Florence relâcha un enfant sans le blesser… L’intérêt du sujet laisse dubitatif et le format de la toile est absurde (presque deux mètres de haut). Ce « Lion » fut exposé en 1801 sous le formidable titre de « Trait sublime de la maternité du siècle dernier, arrivé à Florence ».

Nicolas-André Monsiau « Le lion de Florence ». 1801, 163×194 cm, huile sur toile. Photo SHB.

Pour finir, une toile inattendue au Louvre (puisqu’elle date de 1947) dont la facture illustrative n’est pas sans évoquer le cinéma ou la bande dessinée. Le père de Georges-Paul Leroux était éditeur d’estampe, et son frère, Auguste, était peintre et illustrateur. « Dans la Grande Galerie » possède un charme tout particulier, a des années lumières de ce que l’on voit habituellement au Louvre.

Georges-Paul Leroux « Dans la Grande Galerie » – 1947, huile sur toile. 89x151cm. Photo SHB.